En un geste historique, le 2 juillet 2010, après quatre ans de négociation entre les États membres et de plaidoyer par les mouvements de femmes et d’autres organisations de la société civile regroupés au sein de la Campagne pour la réforme des structures en faveur de l'égalité des sexes (GEAR), l’ONU se dotait d'ONU Femmes dans le but de promouvoir plus efficacement les droits et l'égalité des femmes. Rappelons que la création d'ONU Femmes s’inscrit dans le cadre de l’agenda de la réforme de l’ONU qui vise à regrouper les ressources et les mandats pour en accentuer l’impact.
Après 15 heures de délibération, le Sénat argentin, situé à Buenos Aires, adoptait par une faible majorité une loi autorisant le mariage homosexuel. L’Argentine devient donc le premier pays d’Amérique Latine à reconnaître officiellement et pleinement la diversité sexuelle au sein de ses institutions. En 2009, la ville de Mexico avait elle aussi légalisé le mariage gay, tandis que l'Uruguay, la Colombie et Buenos Aires ont mis en place des pactes d'union civile depuis respectivement 2008, 2007 et 2002. Désormais, la loi permet aux homosexuel-les de jouir des mêmes droits et devoirs à l’égard du mariage que les couples hétérosexuels. Il s’agit d’un aspect important à partir duquel les militant-es ont formulé leurs revendications. En effet, si un couple peut s’unir devant la justice, sans avoir droit à l’adoption, aux congés parentaux et familiaux, à la sécurité sociale, à des allocations et à un héritage, la discrimination demeure présente.
Le Collectif Haïti Égalité (Haïti Gender Equality Collective) est une coalition de femmes et d'organisations féministes de diverses origines qui travaillent sur le terrain en Haïti ainsi que dans l’arène internationale. Ces organisations, dont l'ORÉGAND fait partie, sont engagées dans un partenariat avec les femmes haïtiennes pour garantir leur participation effective à la reconstruction d’Haïti. Le site web que l'ORÉGAND a réalisé pour le collectif, avec la participation de Sophie Toupin qui coordonne ce dernier, inclut des sections sur le rapport parallèle en matière d'égalité hommes-femmes en anglais, français et créole que le collectif lançait le 31 mars à New York alors qu'avait lieu la Conférence internationale des donateurs pour un nouvel avenir en Haïti. Rappelons que ce rapport a été rédigé afin de mettre en lumière les droits et le leadership des femmes haïtiennes, essentiels à la reconstruction durable et égalitaire d’une Haïti plus résiliente aux désastres. Nous vous invitons à le commenter sur le site du collectif ou en faisant parvenir un courriel à HaitiEgalite@gmail.com. L'ORÉGAND y maintient également une revue de presse, un agenda et des ressources.
Alors que le séisme en Haïti détruisait les immeubles, il démantelait également les structures sociales qui protégeaient les femmes haïtiennes de la violence sexuelle. Avant le 12 janvier, les viols étaient déjà généralisés. Mais aujourd’hui, des centaines de milliers de femmes vivent dans la rue ou dans des camps, fréquemment isolées de leurs familles et de leurs quartiers, ce qui les rend plus vulnérables que jamais. Lors d’une enquête partielle, en date du 21 mars, les travailleuses et travailleurs d’organismes communautaires avaient recensé 230 viols dans 15 camps, soit plus de 15 incidents par camp. On n’a procédé à aucune enquête exhaustive et, malheureusement, la base de données d’UNIFEM servant à la collecte de données sur la violence sexuelle a été détruite lors du séisme. Toutefois, la ville de Port-au-Prince comptant à elle seule plus de 500 camps, il est manifeste que la violence sexuelle est largement répandue.
Rapport parallèle en matière d’égalité hommes-femmes : une réaction au PDNA 2010 d'Haïti
Ces dernières semaines, des fonctionnaires du gouvernement haïtien et représentants des partenaires internationaux ont rédigé une évaluation conjointe des besoins post-désastre (mieux connue sous son sigle anglais de PDNA). Ce document servira de modèle à la reconstruction d’Haïti. Il se divise en huit thèmes : gouvernance, production, secteur social, infrastructures, développement territorial, environnement et gestion des risques et des désastres, développement macroéconomique et thématiques transversales (analyse comparative entre les sexes, jeunesse, culture, protection sociale, etc.). Il s’avère que seul ce dernier thème aborde la question des inégalités entre les hommes et les femmes, et ce, de manière beaucoup trop périphérique.
Un cri du cœur de Kerline Joseph pour ses sœurs, son pays d’origine et son peuple.
Le 12 janvier demeure une journée sombre dans la mémoire de presque tous les Haïtiens. Le tremblement de terre, qui a dévasté ce pays déjà aux prises avec tant de difficultés quotidiennes, a également lacéré le cœur de ses enfants. À l’instar de la plupart de mes compatriotes envahis par un sentiment d’impuissance, j’ai eu à chercher et espérer récupérer intacts des membres de ma famille. Ma mère était parmi les êtres chers portés disparus pendant une semaine et qui ont été retrouvés. Mais un sentiment d’impuissance me tenaillait face à la réalité des Haïtiens restés au pays malgré eux et réduits à vivre dans des tentes. Ce sentiment s’exacerbait à la lecture des nouvelles touchant les violences sexuelles, principalement le harcèlement sexuel subi par les femmes dans des camps de rescapés.
Dans une lettre ouverte, Femmes autochtones du Québec (FAQ), une organisation basée à Kahnawake situé un peu au sud de Montréal, dénonce l'avis d'expulsion émis au début de février par le conseil de bande de cette réserve contre 26 personnes non-autochtones. Selon Le Devoir, ce sont surtout des hommes mariés à des femmes mohawks qui sont visés. Leur expulsion va briser des familles tout en violant les droits humains de leurs membres.
Le Canada ignore les droits humains fondamentaux des femmes les plus pauvres et les plus vulnérables, et particulièrement ceux des femmes autochtones, affirme l'Alliance canadienne féministe pour l'action internationale (AFAI) dans un rapport déposé le 2 février et signé par 33 organisations. Pas d'action : pas de progrès analyse la réponse du Canada aux recommandations prioritaires émises suite à l'examen 2008 du Comité de l'ONU pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes (CEDEF). Le comité avait alors identifié deux domaines dans lesquels les violations des droits humains sont si flagrantes qu'elles requièrent des mesures immédiates : l'échec persistant à fournir des services sociaux appropriés aux filles et aux femmes vivant dans la pauvreté et la violence endémique à l'égard des femmes et des filles autochtones.
En Haïti, comme c’est toujours le cas à la suite de catastrophes naturelles, en plus du besoin urgent de nourriture, d'eau, de soins médicaux et d'abris, il faut aussi répondre aux besoins propres aux femmes, particulièrement aux femmes enceintes et aux mères de nouveau-nés. Lorsque les infrastructures gouvernementales sont dysfonctionnelles, il est également nécessaire de tenir compte de la vulnérabilité encore plus grande des femmes face à la violence qui leur est faite.