"C'est un espace public. Personne ne peut l'utiliser." En 1996, c'est ce qu'ont répondu des représentants de la ville de Portland (Orégon) quand Mark Lakeman tentait d'obtenir l'autorisation de transformer une intersection de son quartier en une place qui facilite la création de relations entre voisin-es. Pour ce designer urbain, cette réponse exprimait une incompréhension fondamentale du concept d'espace public. Avec ses voisin-es, il a mis sur pied City Repair qui a pour but de changer la façon de penser les espaces publics. Ils ont commencé par s'approprier une intersection de leur quartier, puis ils se sont mis à construire des bancs et à peindre des rues un peu partout dans la ville afin de transformer des espaces publics inanimés en places aimées par les résident-es. Peu après la fondation de City Repair, la ville changeait de perspective et adoptait un règlement qui permet désormais de transformer des intersections en lieux de rencontre. Avec les projets qui seront réalisés lors du festival annuel Village Building Convergence, en tout, ce sont plus de 200 sites majeurs qui auront été créés de même que près de 300 petits projets. Et ailleurs aux États-Unis, d'autres groupes s'inspirent des méthodes de City Repair.
"En un mot, la situation est immorale. Pour moi, me taire, ce ne serait pas humain." Rachel-Alouki Labbé a intitulé Désert de croix son film sur Ciudad Juarez, la ville la plus meurtrière au monde. Depuis plus de 15 ans, des femmes et des fillettes mexicaines y sont retrouvées mortes torturées, décapitées, éventrées, violées, sans que les assassins n'aient encore été condamnés. "Ce serait bien de pouvoir expliquer pourquoi c’est comme ça parce qu’on aurait les solutions. Les femmes sont mutilées, leur ventre et leurs seins coupés; on tue ce qui engendre la vie. Les hommes violent et tuent. C’est ça Ciudad. Le féminicide se répand. C’est un phénomène social trop avancé. L’ALÉNA, les grosses compagnies qui possèdent les terres, les maquiladoras, les 500 bandes de narcotrafiquants, l’exode vers le Nord, l’impunité des responsables, la violence conjugale, l’armée, les policiers, c’est un trou de la mort", ajoute Rachel-Alouki.
Elle a filmé Anapra, l’endroit du désert où on trouve les corps et plante des croix, mais elle a aussi montré les enfants "parce qu’il faut commencer par la base". Des orphelin-es participent à des ateliers de création et sont encouragés dans la poursuite de leurs études. Le film a été projeté à Montréal en décembre 2009 et sera diffusé sur les ondes d’APTN à compter de janvier. La morbide situation de Ciudad pose la question : comment intervenir dans un tel phénomène de société?
Pour savoir comment vont se passer les élections municipales du 1er novembre, qui est candidat-e ou comment voter. Vous avez droit, avec ça, à un guide précis pour être un-e candidat-e exemplaire. C'est un site officiel facile d'accès et agréable à fouiller avec un plus: des sites d'intérêt indiquant les candidates... ou le manque de parité justement.
Sur le thème La ville que nous voulons, le 5e Sommet citoyen de Montréal, qui avait lieu les 5 et 6 juin, se voulait une occasion de resserrer les liens entre une diversité de participant-es afin de mener collectivement des projets d'action sociale, tout en échangeant sur les enjeux urbains liés à six thématiques : économie, aménagement urbain, justice sociale, inclusion et citoyenneté, environnement, démocratie et culture. Les groupes populaires, syndicats, organismes environnementaux ou altermondialistes, groupes de femmes et groupes de pression municipaux y étaient présents, de même que les partis politiques municipaux. Ceci n'a pas empêché le PDG de l’Institut économique de Montréal, Michel Kelly-Gagnon, de questionner la représentativité des participant-es au sommet dans un article paru dans La Presse du 5 juin. Le club très sélect qu’il représente donnerait-il un meilleur exemple de consultation citoyenne et de démocratie?
Depuis quelques semaines, le jeu en ligne Clim City permet de mettre en pratique des gestes verts ou d'appuyer des mesures collectives écologistes afin de voir ce que ça donne. On s'y retrouve à la tête d'une petite ville de 115 000 habitant-es, soit l'équivalent de Trois-Rivières, où, sur une période de cinq ans, on doit assurer une baisse des émissions de gaz à effet de serre dans le respect du protocole de Kyoto. Que choisirez-vous parmi les 250 actions possibles mettant à profit autant les changements d'habitudes individuelles de consommation que les politiques municipales visant à les influencer?
Du 22 au 25 octobre 2008, le 9e Congrès mondial de Metropolis avait lieu à Sydney, en Australie. Le 22 octobre, le Réseau international Femmes de Metropolis tenait un forum intitulé Connecting Women in Cities. Plus de 100 délégué-es incluant 25 oratrices et orateurs provenant de 16 villes ont participé à ce forum. Cet événement avait pour but de stimuler la coopération internationale et la solidarité concernant les enjeux liés aux femmes et à la gouvernance métropolitaine. Le forum a présenté plusieurs stratégies, expériences et projets en ce qui trait à la formation et aux opportunités de réseautage.
Il faut que la Communauté métropolitaine de Montréal devienne une structure dotée de pouvoirs décisionnels et que ses champs de juridiction soient revus et augmentés, à moyen terme, pour que cet organisme de planification, qui regroupe 82 municipalités dans le Grand Montréal, se transforme en un véritable gouvernement régional. À court terme, il faut tout au moins que le président de la Communauté métropolitaine soit élu au suffrage universel. Ce poste est présentement occupé d’office par le maire de Montréal et les municipalités membres y délèguent leurs élus. Cette réforme réduirait de façon significative la fragmentation institutionnelle qui affaiblit la métropole, de même que le déficit démocratique qui l’afflige. Elle lui permettrait aussi de jouer efficacement le rôle qu’on attend d’elle comme fer de lance du développement socio-économique du Québec.
«Nous sommes pris dans un système qui nie en pratique aux communautés la possibilité de se prendre en charge et de s’autogouverner», a lancé un élu invité à témoigner de son expérience lors du 1er Forum régional citoyen du Bas-Saint-Laurent sur la décentralisation démocratique qui avait lieu le 25 octobre à Rivière-du-Loup. Soixante personnes représentatives de toute la région ont participé à ce Forum à titre de citoyens, dont des jeunes, des élus, des préfets et des intervenants dans les domaines culturels, communautaires et économiques.