La sortie d'une gamme de produits de maquillage de la maison Rodarte et de MAC Cosmetics inspirée des Mexicaines assassinées à Juarez a suscité un tollé chez plusieurs organisations de la société civile cet été. Cette collection d’automne a été développée à la suite d’un voyage sur les routes du Texas, d'El Paso à Marfa. Semblerait-il que c'est la beauté des déserts, des villages du cartel de la drogue et des travailleuses de Juarez qui les ont inspirés. Rappelons que, depuis 1993, dans cette ville proche de la frontière étatsunienne, des centaines de jeunes femmes, étudiantes, serveuses et ouvrières pour la plupart, ont été assassinées tandis que beaucoup n'ont pas été retrouvées. Elles ont été violées, torturées, battues à mort, étouffées, étranglées, démembrées ou éventrées sur le chemin du retour du travail ou de l'école. Ces crimes sont commis en toute impunité sous le regard des autorités gouvernementales et policières, au mieux impuissantes, au pire complices.
L'histoire des désastres naturels nous apprend que les périodes de crise qui les succèdent ont tendance à exacerber les inégalités ultérieures entre les sexes, en plus de faire apparaître de nouvelles problématiques. Parmi les plus flagrantes, on observe un accroissement des violences, notamment d’ordre conjugal et sexuel. Le cas du récent tremblement de terre en Haïti peut en témoigner. La présence accrue de violences augmente les demandes des femmes pendant la crise, demandes dont on tient souvent peu compte dans les politiques publiques et les initiatives en matières de santé pré et post désastre.
Les périodes de crise qui succèdent aux désastres naturels affectent presque systématiquement les dynamiques liées à l'égalité entre les hommes et les femmes. Des chercheuses affirment que, durant ces périodes, d'importantes transformations s'effectuent au niveau de la masculinité.
"C'est un espace public. Personne ne peut l'utiliser." En 1996, c'est ce qu'ont répondu des représentants de la ville de Portland (Orégon) quand Mark Lakeman tentait d'obtenir l'autorisation de transformer une intersection de son quartier en une place qui facilite la création de relations entre voisin-es. Pour ce designer urbain, cette réponse exprimait une incompréhension fondamentale du concept d'espace public. Avec ses voisin-es, il a mis sur pied City Repair qui a pour but de changer la façon de penser les espaces publics. Ils ont commencé par s'approprier une intersection de leur quartier, puis ils se sont mis à construire des bancs et à peindre des rues un peu partout dans la ville afin de transformer des espaces publics inanimés en places aimées par les résident-es. Peu après la fondation de City Repair, la ville changeait de perspective et adoptait un règlement qui permet désormais de transformer des intersections en lieux de rencontre. Avec les projets qui seront réalisés lors du festival annuel Village Building Convergence, en tout, ce sont plus de 200 sites majeurs qui auront été créés de même que près de 300 petits projets. Et ailleurs aux États-Unis, d'autres groupes s'inspirent des méthodes de City Repair.
Du 10 au 16 mai, c'est la Semaine mondiale d'action contre la violence armée au cours de laquelle divers événements sont organisés dans plus de 80 pays en vue de sensibiliser la population à la prolifération et à l'utilisation abusive des armes légères. Il s’agit de l'événement mondial le plus important pour la prévention de la violence armée. L'International Action Network on Small Arms (IANSA), qui coordonne la semaine, souligne qu'environ 75% des 875 millions d'armes légères en circulation dans le monde sont entre les mains de civils, des hommes pour la plupart. Chaque année, 90% des 70,000 à 100,000 victimes de meurtres commis avec des armes à feu sont des hommes, et la moitié de ces victimes sont âgées de 15 à 29 ans. De plus, 88% des 50 000 personnes qui se suicident avec une arme à feu chaque année sont aussi des hommes. Pour l'IANSA, tout comme pour le Small Arms Survey de l’Institut de hautes études internationales et du développement, ce sont les idéologies qui associent la masculinité au pouvoir qui expliquent fondamentalement pourquoi tant d’hommes jeunes voient dans la violence un excellent moyen d’acquérir virilité et respect.
Alors que le séisme en Haïti détruisait les immeubles, il démantelait également les structures sociales qui protégeaient les femmes haïtiennes de la violence sexuelle. Avant le 12 janvier, les viols étaient déjà généralisés. Mais aujourd’hui, des centaines de milliers de femmes vivent dans la rue ou dans des camps, fréquemment isolées de leurs familles et de leurs quartiers, ce qui les rend plus vulnérables que jamais. Lors d’une enquête partielle, en date du 21 mars, les travailleuses et travailleurs d’organismes communautaires avaient recensé 230 viols dans 15 camps, soit plus de 15 incidents par camp. On n’a procédé à aucune enquête exhaustive et, malheureusement, la base de données d’UNIFEM servant à la collecte de données sur la violence sexuelle a été détruite lors du séisme. Toutefois, la ville de Port-au-Prince comptant à elle seule plus de 500 camps, il est manifeste que la violence sexuelle est largement répandue.
Dans le cadre de la Journée internationale des femmes, le comité québécois de soutien lance une campagne intitulée J’affiche mes couleurs en faveur du Camp de solidarité international Myriam Merlet, Anne-Marie Coriolan et Magalie Marcelin. Rappelons que ce camp vise à fournir des ressources de base aux filles et aux femmes haïtiennes et à faciliter les communications avec elles.
L’Enquête longitudinale canadienne sur les enfants et les jeunes relève depuis plus d’une décennie la diversité croissante des modalités de garde. Elle est particulièrement marquée au Québec : en effet, la monoparentalité masculine et la garde partagée y sont beaucoup plus fréquentes qu’ailleurs au pays. Les médias font trop souvent état de conflits autour de la garde des enfants après une séparation parentale, qui se produisent en fait dans une minorité de cas. Ils mettent ainsi en veilleuse les transformations sociales profondes qui s’opèrent sous nos yeux, en matière de vie familiale et de rôles parentaux.
L’UNIFEM a lancé un Centre mondial virtuel de connaissances pour mettre fin à la violence contre les femmes et les filles. Ce centre de savoir sur internet en français, anglais et espagnol est le premier site mondial sur le sujet. Il rassemble les enseignements tirés et les pratiques recommandées recueillies à partir d'initiatives lancées à travers le monde.