Alors que le séisme en Haïti détruisait les immeubles, il démantelait également les structures sociales qui protégeaient les femmes haïtiennes de la violence sexuelle. Avant le 12 janvier, les viols étaient déjà généralisés. Mais aujourd’hui, des centaines de milliers de femmes vivent dans la rue ou dans des camps, fréquemment isolées de leurs familles et de leurs quartiers, ce qui les rend plus vulnérables que jamais. Lors d’une enquête partielle, en date du 21 mars, les travailleuses et travailleurs d’organismes communautaires avaient recensé 230 viols dans 15 camps, soit plus de 15 incidents par camp. On n’a procédé à aucune enquête exhaustive et, malheureusement, la base de données d’UNIFEM servant à la collecte de données sur la violence sexuelle a été détruite lors du séisme. Toutefois, la ville de Port-au-Prince comptant à elle seule plus de 500 camps, il est manifeste que la violence sexuelle est largement répandue.
par la Coordination nationale de plaidoyer pour les droits des femmes (CONAP)
Deux jours après le 23ème anniversaire de la constitution, des techno politiciens de tous acabits s’apprêtent à bider sur un pseudo plan d’action gouvernemental. Issu d’un document illégitime, ce plan est concocté entre des spécialistes auto déclarés du relèvement et de la reconstruction d’Haïti chiffrés dans le PDNA. Il est commandité par les institutions financières qui s’investissent dans la lucrative reconstruction d’Haïti, avec seulement 28 millions, des 34 milliards US $ de l’enveloppe demandée aux pays donateurs, alloués aux besoins différenciés des citoyens et citoyennes - et qui pis est, avec la bénédiction des responsables d’État qui, en mettant sur pied la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti, font montre d’une rare servilité devant les affairistes de l’internationale.
Le Canada ignore les droits humains fondamentaux des femmes les plus pauvres et les plus vulnérables, et particulièrement ceux des femmes autochtones, affirme l'Alliance canadienne féministe pour l'action internationale (AFAI) dans un rapport déposé le 2 février et signé par 33 organisations. Pas d'action : pas de progrès analyse la réponse du Canada aux recommandations prioritaires émises suite à l'examen 2008 du Comité de l'ONU pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes (CEDEF). Le comité avait alors identifié deux domaines dans lesquels les violations des droits humains sont si flagrantes qu'elles requièrent des mesures immédiates : l'échec persistant à fournir des services sociaux appropriés aux filles et aux femmes vivant dans la pauvreté et la violence endémique à l'égard des femmes et des filles autochtones.
L'United Nations Development Fund for Women (UNIFEM) a nommé Michelle Bachelet, la présidente sortante du Chili, porte-parole de son action en Haïti. Elle agira auprès des donateurs et des acteurs impliqués dans la coopération internationale, particulièrement en Amérique latine, afin d'élaborer une stratégie commune qui inclura les voix et perspectives des femmes dans les efforts de reconstruction.
Les processus de “gouvernance” – qui mettent l’accent sur les principes de reddition de comptes, de transparence, de réactivité et d’intégration – devraient permettre une transformation sociale. Cependant, malgré ce potentiel, ils ne parviennent pas à être performants sur l’égalité de genre. Les femmes doivent se battre pour faire entendre leur voix et pour que l’on réponde à leurs besoins; les organisations de femmes doivent faire pression pour que les droits des femmes soient reconnus et pour que des mécanismes adéquats de “responsabilisation” soient mis en place. Comment cela se fait-il? Quelles sont les actions qui permettraient aux femmes d’utiliser tout leur potentiel pour renforcer leur pouvoir et engendrer une justice sociale?
Dans Le progrès des femmes à travers le monde 2008/2009. Qui est responsable envers les femmes? Genre et redevabilité, UNIFEM montre que la réalisation des droits des femmes et l’atteinte des objectifs du millénaire pour le développement (OMD) dépendent d’un renforcement de la redevabilité relative aux engagements en faveur des femmes et de l’égalité des sexes. Les exemples présentés dans le rapport indiquent que, pour que les droits de femmes se traduisent en de réelles améliorations dans leur existence et pour que l’égalité des sexes devienne une réalité effective, les femmes doivent pouvoir participer pleinement aux processus décisionnels publics à tous les niveaux et demander des redditions de comptes aux responsables lorsque leurs droits sont violés ou leurs besoins ignorés. Publié à mi-parcours du délai imparti pour la réalisation des OMD, la date butoir étant l’année 2015, le rapport présente des preuves claires de l’importance de l’autonomisation des femmes et de l’égalité des sexes en tant que facteurs atténuant la pauvreté, instaurant la sécurité alimentaire, réduisant la mortalité maternelle et renforçant l’efficacité de l’aide.
Entre février et mai 2008, des émeutes de la faim ont éclaté dans les pays du Sud et en particulier sur le continent africain. Le Sénégal, le Burkina Faso, le Mozambique, l’Égypte, l’Algérie, la Côte d’Ivoire, la Mauritanie, Madagascar, le Cameroun et d’autres pays sont ainsi secoués par un cri d’alerte de la population qui ne peut plus faire face à l’envolée des prix des aliments de base comme le riz, l’huile d’arachide, les pommes de terre, le blé… Certaines révoltes ont été conduites par des femmes et beaucoup d’autres ont été soutenues par ces actrices trop souvent écartées des analyses. Ne parvenant plus à nourrir leurs familles, elles sont sorties dans la rue manifester, parfois violemment, leur désarroi face à une situation économique qui les rend encore plus vulnérables.
Le 29 mai 2008, le Chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador
(APNQL) déclarait «qu’après 500 ans, le colonialisme est toujours bien vivant au Canada». Participant à la Journée nationale de mobilisation des Premières Nations, le chef Picard dénonçait vertement l’attitude du gouvernement canadien, particulièrement son refus d’appuyer la Déclaration sur les droits des peuples autochtones, adoptée récemment par l’Assemblée générale de l’ONU.
Chaque jour à chaque minute, principalement dans le monde en développement, une femme meurt lors de sa grossesse ou de son accouchement, alors qu'on aurait pu la sauver. Si ces femmes meurent, ce n'est pas du fait d'une absence de moyens de la communauté internationale, mais en raison d'un manque de volonté. Du 18 au 20 octobre 2007 à Londres, la conférence Women Deliver réunissait les principaux acteurs internationaux sur le thème "Investissons en faveur des femmes, ça paye". Plus de 1,800 personnes provenant de 109 pays participaient à cette conférence qui mettait l'accent sur le rapport entre la santé, les droits, l'éducation des femmes et la réduction de la pauvreté, tout en visant à trouver des ressources supplémentaires et à encourager les gouvernements à considérer la santé maternelle comme hautement prioritaire.